Francophonie : Fin des manœuvres sous les lambris. Le Rwanda se renforce sur la scène internationale...
Posté par Guineelimite 11/10/2018

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Francophonie : Fin des manœuvres sous les lambris. Le Rwanda se renforce sur la scène internationale...

Fin des manœuvres sous les lambris. Le Rwanda se renforce sur la scène internationale...

Il n’y a de politique qui vaille en dehors des réalités, disait le Général de Gaulle. A la veille de l’ouverture du sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Erevan, le Canada « jette l’éponge » et lâche Michaelle Jean, Secrétaire générale sortante qui songeait à rampiler.

La voie semble ainsi dégagée pour le Ministre rwandais des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Le duel élégant entre les deux femmes dissimule mal le choc frontal qui oppose le Premier Ministre Justin Trudeau au Président Paul Kagamé.

Si le Canadien a pour lui la puissance et le charme dissipateur, Paul Kagamé fonde son action sur la méthode et la froideur. Pour preuve, il était au sommet de l’Union africaine de Nouakchott au mois de juin dernier, en sa qualité de Président en exercice de l’Organisation panafricaine, flanqué de son ministre qui était ainsi introduite voire présentée à nombre de Chefs d’Etats africains ayant pris part au sommet. Trudeau et Kagamé donnaient l’impression d’avancer sans bruit. Ce qui est vrai. Parfois même des élans contraires s’observaient, à distance.

Le jeune Premier Ministre canadien multipliait les prises de paroles pour incarner le leadership dans la francophonie, laissant entendre sans le dire que Kigali s’était ostensiblement éloigné de sa famille linguistique au profit de l’anglais, enseigné avec enthousiasme dans les écoles rwandaises.

En clair le pays était mis à l’index, notamment sur les droits de l’Homme et la démocratie. Mais en fin stratège, Kagamé, esquive les questions qui fâchent sans verser dans la langue de bois. L’un et l’autre faisaient de Paris « the place to be » pour s’attirer les faveurs de l’Elysée. Macron, jouant sa carte (et sa chance), tentait de se rapprocher de Kagamé sans s’aliéner Trudeau.

Toute la puissante diplomatie française fut mise en branle pour rapprocher les positions en insistant sur l’argument mouche que « l’Afrique représente l’avenir de la francophonie. » Du coup, les Africains s’alignent et se convainquent qu’entre Louise Mushikiwabo et Michaelle Jean, « il n’ y a pas photo. »

Paris enchaîne les paris et gagne. Ottawa, sentant le vent tourner, adopte le profil bas. Un boulevard s’ouvre pour Kigali, largement soutenu par les capitales africaines francophones.

Seule en lice pour ce poste prestigieux, jadis occupé par Abdou Diouf, Mushawabo, devrait hériter de ce maroquin qui contribuera à attirer la lumière sur ce pays des Collines, longtemps stigmatisé et qui pourrait de ce fait, s’éloigner du purgatoire.

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