A 30 ans Amina raconte sa vie de consommatrice de chanvre indien : Je devais avoir 17 ou 18 ans la toute première fois…
Posté par Guineelimite 03/08/2016

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A 30 ans Amina raconte sa vie de consommatrice de chanvre indien : Je devais avoir 17 ou 18 ans la toute première fois…

Confidences

Le 11 mai est la date de la commémoration de la disparition du roi du reggae, Robert Nesta Marley, dans le monde entier. Au Sénégal, c’est une tradition qui se perpétue chaque année. Les jeunes ont tendance à célébrer ce jour d’une manière peu orthodoxe en se donnant au cannabisme, à la débauche en général. Notre rédaction a rencontré une consommatrice de cannabis répondant au pseudo de Amina. La jeune femme, une trentenaire, a bien voulu nous accordé cet entretien. 

Vous avez commencé à fumer du chanvre indien à quel âge ?

Je devais avoir 17 ou 18 ans la toute première fois…

Qu’est-ce qui vous a poussé à fumer du chanvre indien ?

Par curiosité surtout. J’étais jeune et je fumais déjà de la cigarette. Comme pour toutes les addictions, il y a toujours cette envie de découvrir de nouvelles choses, de sensations plus fortes. Le chanvre avait l’air plus  » fun »; les sorties et nouvelles fréquentations aidant, j’ai commencé à en fumer. Mon côté rebelle qui aime braver les interdits et le fait de fumer déjà la cigarette qui a facilité mon entrée dans l’univers du chanvre

Quel sentiment avez-vous quand vous allumez votre « joint » ?

C’est tout un mélange de sentiments, un vrai capharnaüm dans ma tête. Les jours où mon coté rebelle domine, je ressens un vrai sentiment de liberté. Mais la plupart du temps, du regret, un sentiment de culpabilité. D’abord par rapport à la religion (un vrai malaise s’installe quand je dois par exemple prier « fadjr » (prière de l’aube, NDLR) alors que j’ai fumé la veille avant de dormir), par rapport à ma famille, mais aussi par rapport à la société car je dois donner le bon exemple

Au Sénégal, une femme qui fume de la cigarette est déjà très mal vue, avec le chanvre, comment arrivez-vous à vous confronter à une telle société, même si vous le faites à l’insu du grand public ?

A vrai dire, je ne ressens pas vraiment ce  » regard » de la société étant donné que je fume en cachette. Ce  » poids », c’est surtout par rapport à la religion que je le ressens, non envers les gens. Même s’il m’arrive de penser qu’il y a surement des jeunes dans ce trafic que je nourris quelque part.

Labis altère certains récepteurs des cellules du cerveau, conduisant à des effets tels que la fatigue, des changements d’humeur, une diminution physique, des de cannommages possibles sur le fœtus d’une consommatrice enceinte…Vous êtes consciente de tous ces risques que vous encourrez ?

Oui, j’en suis consciente, et c’est l’une des raisons pour laquelle j’aimerai vraiment arrêter. J’aspire à fonder une famille, avoir des enfants en bonne santé.

Aujourd’hui, vous avez pris de l’âge, vous avez des responsabilités, cela ne vous travaille de vous voir continuer la consommation de l’herbe ?

Oui, sincèrement. Surtout quand je pense à tous ces risques encourus ( avec la police par exemple). A mon âge, je n’ai plus droit à l’erreur, risquer ma carrière, ma santé, la quiétude de toute une famille pour un « plaisir » éphémère, le regard que me portera mon futur mari etc. Le chanvre en vaut-il la peine ?

Prévoyez-vous un jour de vous séparer du cannabisme ?

Oui, définitivement.

Qu’est-ce que cela vous fait, en tant que consommatrice avertie, quand vous voyez que les jeunes sont en pleine autodestruction à bas âge et un conseil pour toutes ces personnes dépendantes du cannabis, particulièrement aux jeunes qui seront dans la débauche ce 11 mai ??

J’ai le cœur serré. Je les vois dans quelques années nourrir tous ces regrets que je vis actuellement. J’espère que cet échange servira de déclic pour au moins un d’entre eux.

Metrodakar

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